Tempête. Les liaisons maritimes perturbées - Bretagne


La mer démontée (ci-dessus : un cliché pris, hier matin, par l'un de nos lecteurs à Landunvez, dans le Nord-Finistère) a fortement perturbé les liaisons maritimes en Bretagne.
La mer démontée (ci-dessus : un cliché pris, hier matin, par l'un de nos lecteurs à Landunvez, dans le Nord-Finistère) a fortement perturbé les liaisons maritimes en Bretagne.

Le premier coup de tabac post-estival en Bretagne, avec des rafales de vent dépassant parfois les 100 km/h, a entraîné de fortes perturbations des liaisons maritimes. Effectuant le trajet Roscoff-Plymouth, le navire de la Brittany Ferries, le Pont-Aven, a même dû être abrité, ce vendredi soir, en baie de Saint-Brieuc.

En raison des conditions météorologiques difficiles, Brittany Ferries a, en effet, annulé ou modifié plusieurs trajets reliant la France à l'Angleterre, ce samedi.

L'Armorique à quai le Pont-Aven à l'abri

Prévue au départ de Cherbourg, ce samedi, à 18 h 30, la liaison vers Poole a  été annulée. Celle entre Plymouth et Roscoff, prévue ce samedi soir, ainsi que celle prévue entre Roscoff et Plymouth. L'Armorique est, en effet, resté à quai, ce samedi. La veille, vendredi, c'est le Pont-Aven, qui devait faire route vers Cork, en Irlande, qui avait été mis à l'abri en baie de Saint-Brieuc, avec les membres d'équipage mais sans passagers à son bord. Il y était encore ce samedi soir et, selon nos informations, un retour vers Roscoff était prévu en milieu de nuit dernière pour un embarquement des passagers en milieu de matinée et la reprise des rotations. Le Pont-Aven devrait donc repartir aujourd'hui de Roscoff, cap sur Plymouth puis Santander, en Espagne.

Les liaisons entre les îles perturbées aussi

Certains trajets ont également été modifiés. Ainsi, le bateau devant relier, ce samedi, Portsmouth à Saint-Malo (départ prévu à 20 h 15), devait finalement lever l'ancre à 23 h 15 direction... Cherbourg, pour une arrivée prévue vers 8 h ce dimanche matin. La liaison Saint-Malo - Portsmouth, avec départ ce dimanche à 10 h 30, a également été décalée à 13 h, au départ de Cherbourg. Des navettes gratuites seront mises en place au départ des deux villes.
La Brittany Ferries n'est pas la seule compagnie maritime à avoir subi les conséquences du coup de vent dans la région. Ainsi, la compagnie Penn ar Bed, chargée des liaisons entre le continent et les îles de Ouessant, Sein et Molène, ont notamment annulé le départ de 16 h de Sein et le départ de Douarnenez. Des perturbations sont encore à prévoir ce dimanche. Les liaisons maritimes du sud-Morbihan, effectuées par la compagnie Océane, ont également été impactées ce samedi, avec une seule rotation dans la journée et une escale à Quiberon déplacée de Port-Maria à Port-Haliguen.
À la recherche d'un kite-surfeur...

Ce samedi soir, un important dispositif de recherche à été déployé sur le secteur de Plemeur-Bodou (22), après qu'une touriste allemande ait signalé la présence d'un kite surfeur en difficulté. Deux zodiacs des pompiers et la vedette SNSM ont entamé les recherches, poursuivies par l'hélicoptère Dragon 29, qui a survolé toute la zone, sans résultat. Le dispositif a donc été levé à 22 h alors qu'aucune disparition inquiétante n'avait été signalée.

Impressionnant coup de vent sur la pointe bretonne


Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, dans le Finistère, ce samedi matin. C'est la conséquence d'une ex-dépression tropicale, devenue une tempête, apportant des vents jusqu’à 125 km/h.
La tempête concerne ce samedi la Bretagne et la Normandie, mais surtout l’Irlande, une fois de plus en première ligne. Dans le Finistère, ce samedi matin, la pointe de la Torche, au sud de la baie d'Audierne, sur la commune de Plomeur, la mer était grosse et des vagues impressionnantes déferlaient.
La tempête, baptisée Brian par les Anglais, est d’autant plus dangereuse que les coefficients de marée ne sont pas négligeables.
LIRE AUSSI : Violent coup de vent et forte houle sur le Nord-Ouest samedi
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin.
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin. | Photo : Béatrice Le Grand / Ouest-France
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin.
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin. | Photo : Béatrice Le Grand / Ouest-France
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin.
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin. | Photo : Béatrice Le Grand / Ouest-France
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin.
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin. | Photo : Béatrice Le Grand / Ouest-France
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin.
Une mer très forte a déferlé sur la pointe de la Torche, ce samedi matin. | Photo : Béatrice Le Grand / Ouest-France

Corto Maltese au coeur des ténèbres

Corto Maltese a toujours été cela : une histoire d’hommes (et de femmes…) ballotés par l’Histoire au sein de laquelle le marin vénitien a toujours gardé une distance prudente et quelquefois ironique avec une élégance du personnage qui répondait à celle du trait. Dans ce nouvel album, le deuxième depuis la reprise, Juan Diaz Canales et Pellejero réussissent plutôt bien l’exercice.
La force d’Hugo Pratt, c’est que ses histoires font rêver. Une fois le voyage terminé, l’esprit vagabonde et prolonge la sensation passée dans une espèce de plaisir cotonneux où l’imagination s’étire. La reprise de Corto Maltese par Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero prospère sur cette indolence : le pinceau de Pellejero, faut-il le nier ?, perpétue avec fidélité l’univers de Corto Maltese. Il rend bien le charme propre à la série, qui s’attarde sur des icônes surannées d’un temps où l’aventure était possible, d’un siècle qui fut capable d’enfanter de concert les esprits les plus brillants et les plus grands crimes.
Corto Maltese au coeur des ténèbres
Corto Maltese T. 14 : Equatoria – Par Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero - Casterman
Le récit de Canales est prattien comme il se doit : une femme aussi séduisante que mystérieuse, accompagnée d’une duègne enjouée, engage le marin pour retrouver son père perdu aux sources du Nil. C’est Philip Marlowe au Cœur des ténèbres, en quelque sorte. Comme chez Pratt, on croise sur le chemin des badernes aussi accrochées à leurs principes qu’à leurs décorations, perdues sur terre comme au ciel, et qui affrontent avec crânerie dans un dernier baroud d’honneur les forces magiques et forcément obscures d’un continent inconnu. Comme chez Hugo Pratt, Corto comprend tout mais ne contrôle rien, laissant chacun des protagonistes accomplir son destin.
Corto Maltese T. 14 : Equatoria – Par Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero - Casterman
On a du plaisir à voir les auteurs jouer avec les codes maltésiens avec plus ou moins de dextérité. Mais Pellejero ne sera jamais Pratt, et c’est tant mieux. On retrouve peu à peu son trait dans une transition douce, certaines séquences rappellant des souvenirs de lecture enfouis comme ces Mémoires de Mr Griffaton qu’il signa jadis avec Jorge Zentner ou encore certaines pages de Dieter Lumpen déjà impressionnées par le maître vénitien.
Corto Maltese T. 14 : Equatoria – Par Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero - Casterman
On conseillera à Canales de moins s’engager dans la course au Name Dropping : Le Prêtre Jean, Lord Byron, Winston Churchill, Constantin Cavafy, Henri de Monfreid, les juifs sionistes de Namibie… Chacun de ces protagonistes mériterait un album entier ! Canales pense valoriser Corto en lui faisant rencontrer des personnages historiques, mais il oublie d’évoquer le plus important aux yeux du lecteur : en quoi leur rencontre avec Corto a-t-elle pu changer l’histoire ?
Idem pour Pellejero qui pense rendre hommage aux zèbres d’Hugo Pratt en ouvrant l’album sur les taches de la girafe de Lord Byron. Ces procédés sont trop connotés, pour tout dire grossiers, ils manquent d’élégance.
Il leur manque le détachement singulier de Corto qui transforme avec humour et charme les tragédies de son temps en de baroques comédies.

Belle-Angèle. Une partie de la coque s’échoue devant Brignogan


Photo Cross Corsen
Photo Cross Corsen

Repérée par un Rafale ce jeudi après-midi, la partie haute de la coque de la Belle-Angèle a été retrouvée ce vendredi matin, non loin du phare de Pontusval à Brignogan (29). Le vieux gréement s'était échoué à la sortie de l’Aber-Wrac’h, ce mardi. Son skipper était décédé.

La mer a fait son terrible travail de sape. La coque de la Belle-Angèle a été entièrement disloquée par la puissante houle de cette semaine et le coup de vent de jeudi. Une grande partie de la coque s’est échouée une dizaine de milles dans l’est de l’île de la Croix, non loin du phare de Pontusval à Brignogan, après la plage de Ménéham.
Le vieux gréement s’était échoué mardi matin à la sortie de l’Aber-Wrac’h avec sept occupants à son bord. Malheureusement, le skipper avait trouvé la mort, emporté par une déferlante. Le voilier en bois de 24 m est resté sur son rocher avant que la mer ne le disloque entièrement, lors du coup de vent de jeudi après-midi.
Localisé par un Rafale
Le morceau de coque à la dérive a été localisé par un Rafale qui survolait à basse altitude la zone, jeudi après-midi. Le pilote alertait le Cross pour une coque retournée, entre deux eaux, sans d’autres précisions sur l’urgence en question.
Craignant un nouveau drame en mer, le Cross actionnait l’hélicoptère NH 90 sur zone qui s’assurait que personne ne se trouvait sur ou à proximité de ce morceau de coque flottant entre deux eaux.
Au petit matin, l'épave était échouée sur des roches non loin de la plage et du phare de Brignogan. Les services de l’État, en liaison avec l’assureur et les experts dépêchés, sont en discussion pour décider de la marche à suivre et des conditions de l’enlèvement de ce morceau d’épave. Mais la dégradation des conditions météorologiques annoncée pour ce vendredi après-midi empêche tout début d’opération. "Nous travaillons de près la question", confirmait Jacqueline Dejardin pour la Direction départementale des territoires et de la mer du Finistère qui privilégiait la sécurité des intervenants avant tout.
Un survol de la zone devrait être effectué dans la journée afin de s’assurer que d’autres morceaux du navire ne constituent pas un danger à la navigation.


Plan folkboat



Plan canot


Plan vedette white pine


Le centenaire de Kéréon


par Xavier Mével – En octobre 2016, cent ans après l’allumage de son feu, le phare de Kéréon, érigé entre Ouessant et Molène dans le passage du Fromveur, a fait l’objet d’une « cérémonie nautique » en hommage à tous ceux qui ont contribué  à sa construction et à sa maintenance.
L’article publié dans la revue Le Chasse-Marée bénéficie d’une iconographie enrichie.
Port du Conquet, mardi 25 octo­bre 2016, 13 h 30. Une soixantaine de personnes embarquent sur le Corsaire, le navire à passagers de la compagnie Finist’mer. Anciens gardiens ou marins du service des phares, représentants des administrations territoriales, journalistes, tout ce petit monde a été convié à la « cérémonie nautique » organisée par la Direction interré­gionale de la mer Nord-Atlantique Manche-Ouest pour le centenaire de Kéréon. Nous sommes déjà à la sortie du port quand un homme nous hèle depuis le quai. Le Corsaire a bon cœur et fait demi-tour pour embarquer le retardataire, avant de foncer plein gaz dans la purée de pois. Car le très beau temps annoncé s’est ici métamorphosé en un brouillard à couper au couteau. Nous ne verrons donc rien de Béniguet, Quéménes, Molène, Balanec, Bannec, le chapelet d’îles que notre flanc bâbord égraine comme un pénitent aveugle. Rosaire d’action de grâces pour le miracle des gps, ais et autres sigles permettant aux navigateurs infirmes de recouvrer la vue.
Lors de la cérémonie du centenaire, en raison de la brume et grâce à une mer calme, le transfert des hommes s’est fait directement par l’échelle du soubassement. © Jean Guichard
phare kéréon centenaire ouessantAprès une heure et demie de route, les photographes dégainent leurs téléobjectifs et les braquent vers une masse sombre surgie devant l’étrave, ectoplasme évanescent d’un massif de pierre. Voici Kéréon, le centenaire, dont une météo sans-gêne ne nous révèle, pour l’heure, que le soubassement. L’apparition un peu sinistre semble stupéfier l’assistance. Soudain, le silence se fait, le hennissement furieux des chevaux diesels s’assourdit, les conversations s’é­touffent, notre navire roule à proximité de l’édifice que nous sommes venus honorer, et chacun semble se recueillir. C’est donc lui, ce fameux « palace des enfers », le caprice d’une héritière qui voulut immortaliser son grand-oncle…
Si ce jeune homme de dix-neuf ans, l’enseigne de vaisseau Charles-Marie Le Dall de Kéréon, n’avait été guillotiné le 21 pluviôse an II (9 février 1794) malgré sa foi républicaine, nous ne serions pas ici aujourd’hui. Car, à l’origine, l’Administration avait prévu de baliser Men-Tensel, la « Roche-Hargneuse » émergeant comme un croc de la gencive du Fromveur, avec un modeste phare en béton. Ce qui eut déjà été un bel exploit.

Deux phares habités au lieu de quatre tourelles

L’urgence d’éclairer ce périlleux passage entre l’île d’Ouessant et l’archipel de Molène s’est imposée après le naufrage du Drummond Castle, un paquebot à vapeur britannique qui sombra dans ces parages durant la nuit du 16 au 17 juin 1896, faisant deux cent quarante-trois victimes (CM 92). Pour sécuriser le Fromveur le service des Phares décide, dans un premier temps, d’établir quatre tourelles sur les écueils les plus dangereux de la Jument, des Pierre-Vertes, de Leur-Vras et de Men-Tensel. Ce projet est approuvé par un décret mi­nis­té­riel du 20 février 1904 et les travaux d’approche de la Jument sont déjà entamés lorsque le décès de Charles-Eugène Potron vient rebattre les cartes. En effet, le testament de ce membre de la Société de géographie fait état d’un legs de 400 000 francs « pour l’érection d’un phare, bâti dans un matériau de choix, pourvu d’appareils d’éclairage perfectionnés ». Avec cet argent tombé du ciel, on pense d’abord construire un phare du type de celui d’Ar-Men sur les Pierres-Vertes qui avaient été fatales au Drummond Castle, mais cette roche étant quasi inaccessible, il est finalement décidé de l’établir sur la Jument. Et ce chantier doit être rondement mené, car le testateur n’a accordé que sept ans aux bâtisseurs, sous peine de donner son magot à la Société de sauvetage…
phare kéréon centenaire ouessant
Ce chantier vient à peine de commencer quand la commission des Phares autorise, le 17 juin 1907, l’établissement d’un se­cond phare en béton sur Men-Tensel. La roche a été relevée un an plus tôt par l’ingénieur Le Corvaisier, qui conduit les travaux jusqu’en 1909. Quarante-trois accostages sont effectués lors de la première campagne, au terme de laquelle 60 mètres cubes de maçonnerie ont pu être posés sur l’écueil. « En 1907, rapporte l’ingénieur, notre principale préoccupation a été d’améliorer les moyens de débarquement et particulièrement ceux nécessaires pour quitter la roche sans être obligés de se jeter à l’eau. Les bains forcés que nous avons dû prendre […] nous ont fatigués et plusieurs hommes se sont découragés et nous ont quittés au début des travaux. »
L’année suivante, 140 mètres cubes de maçonnerie sont posés. L’assise est presque achevée et l’on se prépare à y couler le béton de la tour. C’est alors que le service des Phares reçoit une lettre de Mme Jules Lebaudy, petite-nièce de Charles-Marie Le Dall de Kéréon. Et cette épistole datée du 2 janvier 1910 bouleverse à nouveau les plans des ingénieurs.
« Ayant appris, écrit Mme Lebaudy, que le ministère des Travaux publics était sur le point de commencer l’exécution d’un phare sur la roche de Men-Tensel située à l’Ouest de l’îlot de Loedoc, passage du Fromveur, et désirant honorer la mémoire de mon grand-oncle Charles-Marie Le Dall de Kéréon, par une contribution à l’érection d’un édifice de cette nature, j’ai l’honneur de vous proposer d’y concourir pour une somme totale de 585 000 francs. »

Le syndrome de la Jument

Ce legs, ajouté à la quote-part de l’Admi­nistration, porte le budget à 750 000 francs. Une somme confortable qui permet de voir grand, d’autant que le chantier marathon de la Jument, alors en voie d’achèvement, a vacciné les ingénieurs contre toute précipitation. Ce phare bâclé pour être terminé à temps – en réalité, il sera allumé sept mois après la date imposée par le défunt Potron – va se révéler si fra­gile qu’il devra rapidement être consolidé. La « Pierre-Hargneuse » va donc bénéficier des enseignements du syndrome de la Jument : rien ne sera trop grand, trop fort, trop beau, pour elle. La préoccupation des concepteurs de ce nouveau phare habité n’est pas tant la sécurité de la navigation – la tour initialement prévue y aurait suffi – que le prestige du service. À l’image de Cordouan érigé à la gloire du royaume, Kéréon se veut un mo­nument, certes in­des­truc­tible, mais surtout ostentatoire.
Bâtie sur un soubassement ovoïde, la tour cylindrique en pierres de taille comptera sept étages échelonnant la citerne, le vestibule, la cuisine, la chambre du premier gardien, la chambre du second gardien, la salle d’honneur destinée aux visites de l’ingénieur, la salle des machines, la salle de veille et la lanterne dont la hauteur focale se situe à 40,90 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette tour est deux fois plus volumineuse que celle de la Jument – 3 000 mètres cubes au lieu de 1 720 – et trois fois plus lourde. Les pièces les plus spacieuses ont un diamètre de 8 mètres, soit deux fois plus que celles d’Ar-Men. « J’étais perdu, c’était tellement grand pour moi. On aurait pu mettre Ar-Men à l’intérieur de Kéréon », dira Michel Le Ru, l’un de ses derniers gardiens, qui avait passé quatre ans à Ar-Men avant d’être nommé à Kéréon.
Les travaux sur le soubassement déjà établi sur Men-Tensel reprennent au prin­temps 1910, sous la houlette du conducteur Fernand Crouton (CM 245). Ce dernier vient d’achever la tourelle de la Plate, dans le raz de Sein, et relève l’ingénieur Le Corvaisier, victime d’une pneumonie.
phare kéréon centenaire ouessant
Commencé en 1907, le chantier de Kéréon s’étale sur une dizaine d’années en raison de la guerre, qui ralentit les travaux, mais aussi de l’abord difficile de l’écueil de Men-Tensel, notamment lors de la construction du soubassement qui expose les ouvriers à l’assaut des vagues. Le feu est allumé le 25 octobre 1916, alors que les emménagements ne sont pas encore achevés. © coll. Courton/Daniel Courton

Un chantier parfois inaccessible et dangereux

À ce stade, le plus contraignant est l’inaccessibilité du chantier. Il n’est pas rare que les chaloupes soient empêchées de venir rechercher les ouvriers alors que le flot les menace, comme en témoigne ce rapport du conducteur daté du 10 avril 1910 : « Bientôt les décharges de courant nous attaquent par-derrière et le gardien du phare du Four, Kersaudy, est enlevé. Il réussit cependant à saisir le filin de palan d’un mât de charge et on le hisse sur la roche. Nous ne pouvons plus avoir qu’une chance de salut, celle de nous jeter à la mer lorsqu’une lame recouvrira les roches de la base… Aidés des plus hardis, nous réussissons à envoyer un filin faisant va-et-vient avec la chaloupe qui se trouve dans les remous de la roche, sur la bouée. Puis, nous étant amarrés au-dessus de notre ceinture de sauvetage, nous nous jetons à la mer les uns après les autres. Amenés par les hommes du canot, roulés dans les remous, nous arrivons tous sains et saufs. De son côté, le Fresnel ne pouvant tenir sur ses ancres était parti mouiller derrière le Loedoc. Voyant notre situation dé­sespérée, le capitaine voulut s’avancer pour nous se­cou­rir. Mais mal lui en prit car le Fresnel, placé dans un formidable remous, fut viré de bord bout par bout, donnant une bande de 40 degrés au moins tandis que le capitaine et les marins roulaient sur le pont. »
La campagne suivante est endeuillée par un accident mortel. Ce 17 octobre 1911, en fin de journée, la chaloupe attend les hommes au pied du soubassement… « J’avais donné l’ordre aux ouvriers de descendre dans la chaloupe pendant que, pour la dernière fois cette année, je faisais le tour de la roche, rapporte le conducteur Crouton […]. J’avais les pieds sur le quatrième é­che­lon lorsque la barre du haut, sur laquelle j’avais les mains, se descella ainsi que deux pierres dans lesquelles elle s’engageait. C’est d’environ 11 mètres que je tombai et, par un véritable miracle, j’évitai la chaloupe où tous mes ouvriers m’attendaient. Je heurtai assez violemment les roches et fus repêché, ayant perdu connaissance. Malheureusement, une des pierres dans sa chute, tomba sur un des ma­nœuvres et lui ouvrit le crâne. La mort fut instantanée. Le malheureux Prosper Guennéguès, âgé de trente-huit ans, laisse une veuve et trois enfants. » Quant à Fernand Crouton, repêché à la gaffe, il faudra près d’une heure « à lui tirer la langue » pour le ranimer.
Survient ensuite la Grande Guerre, qui prive le chantier de nombreux bras mo­bi­li­sés sur le front. S’ajoutent à cela différentes pénuries, notamment de ciment de Portland, ce matériau à prise rapide importé depuis Boulogne. Les travaux traînent en longueur et l’inflation pèse sur le budget. L’Administration doit consentir une rallonge de 150 000 francs en 1915 et de 75 000 francs l’année suivante, ce qui porte la dépense à 975 000 francs. Kéréon est alors le phare le plus onéreux jamais construit en France.
Et cela se voit ! Du moins à l’intérieur où les décorateurs ne semblent pas avoir regardé à la dépense. Les parois de l’escalier de cent soixante-six marches sont tapissées de mosaïque. Les deux chambres des gar­diens sont lambrissées et meublées de lits clos aux panneaux ouvragés. Quant à la salle d’honneur, ses boiseries en chêne de Hongrie sont ornées de plusieurs étoiles – l’emblème des Phares et Balises – tandis que son beau parquet est marqueté d’une inclusion d’ébène et d’acajou en forme de rose des vents. « À Kéréon, se souvient Louis Cozan, on passait notre temps à astiquer. On nettoyait tout une fois par semaine, et comme on y allait avec des patins, les parquets étaient lustrés en permanence. »
Jean-Pierre Le Coq dans la salle d’honneur dont le parquet en marqueterie est si précieux qu’il impose l’usage de patins. coll. Chasse-Marée.
phare kéréon centenaire ouessantPour autant, ce n’est pas tous les jours la vie de château pour les locataires du « palace ». La tour a beau être massive, quand le Fromveur s’énerve, elle tremble de peur… au point de briser la vaisselle. Un jour de tempête, dans la nuit du 15 au 16 décembre 1989, le phare est littéralement dévasté par la violence des éléments. Jean-Pierre Le Coq et Paul Bodénan ne sont pas près de l’oublier. Ils étaient dans la cuisine à regarder la télé quand une vague mons­trueuse a pulvérisé les deux hublots de la contre-fenêtre, ouvrant la voie à une trombe d’eau qui va balayer tout le mobilier avant de dévaler l’escalier en cascade.
« Je me suis demandé si le phare allait tenir, a confié Jean-Pierre Le Coq à notre confrère Le Marin. La houle du Sud, on est habitué, on la supporte. Mais ce soir-là, les vents étaient particuliers. Ils venaient de l’Ouest-Suroît. C’est rare. La mer, très formée, n’avait pas le temps de retomber que le vent la grossissait encore. On a dit que c’est une vague plus grosse que les autres qui a provoqué les dégâts. Moi je peux le dire pour les avoir vues : elles étaient toutes très grosses. […] Au bout de trois jours, l’hélicoptère a enfin pu nous déposer un gars en renfort, du ravitaillement et du matériel pour réparer. »
À Kéréon, comme ailleurs, le recours à l’hélicoptère se banalise. Néanmoins les relèves classiques « au ballon » – à l’aide d’un cartahu – perdurent tant que les tours sont habitées. C’est même pour perpétuer le savoir-faire des équipages des vedettes de relève que Kéréon conti­nue­ra d’être habité quelque temps après l’automatisation de son feu, en 2000. Fini désormais le ballet de la Blodwen ballottée par la houle au ras du soubassement. Fini les prouesses de ses pilotes – les Pérhirin, Bihannic (dit « le Gitan »), Le Gall, Thomas, Abernot, qui avaient tous leur technique personnelle pour flirter avec la muraille ! Fini l’envolée des gardiens et de leur barda !

Allégeance des marins à la tour centenaire

Aujourd’hui, les organisateurs de notre « cérémonie nautique » avaient prévu le grand jeu : une relève à l’ancienne et un hé­li­treuillage. Programme chamboulé par ce plafond vaporeux où s’englue la lanterne. En revanche, la mer est si calme que la vedette de travaux Françoise de Grâce, ceinturée d’un gros bourrelet de caoutchouc, peut venir coller son museau sur l’échelle du soubassement, le temps de débarquer quelques hommes. Ceux-ci doivent symboliquement allumer le nouveau feu à leds, dernier cri de la technologie électroluminescente.
phare kéréon centenaire ouessantL’hélicoptère de la Protection civile fait un passage éclair au-dessus de la tour, et puis s’en va. Suit, sous l’œil d’un drone vibri­onnant, une ronde de bateaux autour du phare, allégeance des marins à l’édifice centenaire qui leur a tout ce temps indiqué le bon chemin. La Françoise de Grâce ouvre la marche, suivie du patrouilleur des Affaires maritimes Iris et des canots de sauvetage du Conquet, de Molène, d’Ouessant, de Sein et d’Argenton. Ensuite, la flottille met le cap sur le port du Stiff, au Sud-Est d’Ouessant, où une noria de taxis va acheminer tous les invités à l’autre extrémité de l’île, jusqu’au musée des Phares et Balises établi au pied du Créac’h. Le temps d’écouter les anciens gardiens de Kéréon dévider leurs souvenirs.
Le 29 janvier 2004, en présence de la Blodwen, hélitreuillage de Jean-Philippe Rocher et Brian O’Rorke, les deux derniers gardiens de Kéréon. Cette ultime relève marque la fin des phares en mer habités. © Julien Ogor
Le temps aussi de visiter l’exposition temporaire (ouverte jus­qu’en décembre 2017) in­ti­tu­lée Phare de Kéréon (1916-2016), un siècle dans le courant. On y découvre quelque huit cents objets et documents, parmi lesquels, des photos du chantier et de la vie quoti­dienne des gar­diens, des maquettes, des cahiers de quart, les fameux hublots pulvérisés en 1989, les patins lustreurs de parquet, tandis qu’une borne vidéo diffuse en boucle les relèves acrobatiques d’antan. On y voit même un prêtre virevoltant dans les airs, dont la soutane joue les parachutes. Qu’allait-il faire, le pauvre, dans cette galère ? Nous regagnons enfin Le Conquet dans la grisaille du soir, notre devoir de mémoire accompli. 

Des youtubeurs de Metz passent une nuit dans le phare « hanté » de Tévennec en Bretagne


Mamytwink, un groupe de Youtubeurs de Metz (Moselle), a passé une nuit dans un phare inhabité et réputé hanté du Finistère. Leur vidéo fait le buzz.

Le phare de Tévennec est situé à la pointe occidentale de la Bretagne dans le département du Finistère. (©Capture Youtube)
Ils ont voulu se faire peur. Un groupe de youtubeurs basé à Metz (Moselle), Mamytwink, a passé une nuit dans un phare inhabité et réputé hanté de Bretagne. Diffusée auprès de leurs 700 000 abonnés, leur vidéo, vue par près de 300 000 personnes, fait le buzz.

De superbes images 

Le phare de Tévennec est situé à la pointe occidentale du Finistère, dans la partie nord du raz de Sein. Construit en 1879, il comporte une tour carrée de 11 mètres de haut et 2,40 mètres de côté. Une maison destinée au gardien jouxte la tour. Etant difficilement accessible, il est automatisé depuis 1910. Les youtubeurs ont d’ailleurs été largué sur le petit rocher par hélicoptère.
Dans leur vidéo de 25 minutes, qui offre également de superbes images aériennes de l’océan et de la côte finistérienne, les trois amis visitent ce petit bâtiment sous toutes les coutures. Durant une nuit, ils se sont mis dans la peau d’un gardien de phare en compagnie de Marc Pointud, président de la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises qui est connu pour avoir passé 69 jours en solitaire dans ce petit site isolé, qui a la réputation d’être… hanté !


D’où vient la légende du phare hanté ?

La légende raconte que cet édifice, soumis aux vents violents et aux courants du raz de Sein, est habité par l’Ankou, une figure celte, personnification de la mort. Depuis la construction du phare sur l’îlot rocheux, les morts tragiques s’y seraient multipliés. Certains gardiens seraient devenus fous, d’autres auraient péri après avoir entendu des voix murmurer : « Kers cuit, kers cuit… Ama ma ma flag » (Va-t’en, va-t’en, ici, c’est ma place, NDLR).
En trente ans, 23 gardiens se sont succédés sur l’îlot de Tévennec, dont plusieurs couples. Un premier y aurait vécu de 1900 à 1905 et serait parti après y avoir eu trois enfants. Le couple suivant n’aurait pas supporté la cohabitation sur le rocher et le gardien aurait été… découpé en morceau par son épouse.
Agacé par les abandons, les suicides et les drames, l’Etat a ensuite renoncé à faire garder ce phare. Tévennec devient alors le premier phare automatisé de France .

Alerter sur le patrimoine en danger

Au delà le la légende, les trois Youtubeurs veulent alerter sur le patrimoine national en danger. Marc Pointud a lancé un appel à la mobilisation pour réunir des fonds afin d’entretenir le phare. « Nous cherchons du mécénat notamment pour la question du transport entre le continent et ici, précise-t-il. Il faut quelques dizaines de milliers d’euros, ce n’est pas grand chose, pour rénover », notant que le toit du phare a besoin de travaux.
Le passionné va d’ailleurs sortir un livre fin novembre-début décembre où il racontera la légende de cette île et de son phare. Un journal de bord complétera l’ouvrage dans lequel il détaillera jour par jour ses deux mois passé en solitaire à Tévennec.
Mamytwink n’en est pas à son coup d’essai puisque les youtubeurs ont déjà fait visiter un château abandonné, un fort de guerre, une base de l’OTAN… Ces passionnés d’histoire y racontent aussi le destin de lieux emblématiques ou de personnages.



Vents violents. La Bretagne placée en vigilance jaune - Bretagne

Photo François Destoc / Le Télégramme
Photo François Destoc / Le Télégramme

De la pluie et des vents violents. Voici ce qui attend la Bretagne ce jeudi soir. Si vendredi s'annonce plus calme, des vagues de 10 mètres sont attendues ce week-end sur le littoral breton.

Dans son dernier bulletin publié à 16 h, Météo France a placé la Bretagne en vigilance "Vent violent". "Soyez attentif si vous pratiquez des activités sensibles au risque météorologique."

"Le vent de secteur sud-ouest devrait passagèrement s'agiter pour atteindre 70 km/h dans les terres et jusqu'à 95 km/h sur les côtes de la Manche et en Iroise. Cette dépression s'accompagnera d'une perturbation pluvieuse", explique Météo Bretagne.
Selon les prévisions, de la pluie est attendue sur tous les départements bretons, à l'exception de la pointe du Finistère où un petit soleil devrait encore briller quelques heures. Ce soleil fera son retour vendredi, en journée, sur toute la région. Un "calme provisoire", note Météo Bretagne.

En effet, l'association note que la météo sera agitée ce week-end. "La Bretagne au sud est concernée par un risque de vents forts. On pourrait parler d'un coup de vent avec localement des rafales de 80 à 100 km/h sur les côtes. Si le coup de vent sera de la même intensité ou très légèrement supérieure à celui de jeudi, les conditions en mer s'annoncent nettement plus mauvaises."
Des coefficients de 90 et 92 sont attendus ce week-end sur le littoral breton. Météo Bretagne prévoit des vagues de 10 mètres sur les côtes finistériennes et morbihannaises.

Ophelia. La tempête tropicale s'éloigne de l'Irlande, trois morts


La tempête tropicale Ophelia, la plus violente en Irlande en près de cinquante ans, a frappé lundi tout le pays, entraînant la mort de trois personnes, causant de nombreux dégâts et privant plus de 360 000 habitants d'électricité.
Ouragan de catégorie 3 voici trois jours encore, Ophelia, dorénavant tempête tropicale, s'éloigne des côtes irlandaises pour s'évacuer ce mardi matin tôt par l'ouest de l'Ecosse.
Le plus violent phénomène météo à avoir touché l'Irlande en cinquante ans a provoqué la mort de trois personnes : une femme d'une cinquantaine d'années et un homme ont été tués par la chute d'arbres, et un trentenaire est mort en manipulant une tronçonneuse pour tenter de dégager un tronc tombé à terre.

Des vents jusqu'à 190 km/h

La tempête a frappé l'Irlande lundi peu avant la mi-journée, a précisé le Service national de météorologie, soufflant des vents allant jusqu'à 190 km/h sur la pointe la plus sud de l'île.
La ville de Galway, sur la côte ouest de l'île, a été en partie inondée. Un retour à la normale est attendu ce mardi.
« Des dangers subsistent mais le nettoyage a commencé dans certaines régions et le travail pour remettre le pays à flot a commencé », a déclaré le président du groupe national de coordination d'urgence, Sean Hogan, lors d'une conférence de presse.

360 000 foyers sans électricité

Au moins 360 000 foyers étaient privés d'électricité lundi soir et cette situation pourrait « durer plusieurs jours », a prévenu l'opérateur ESB Networks. 
Sur les réseaux sociaux, des images des dégâts montraient des toits effondrés, comme celui du stade de Turners Cross, à Cork (sud). Irish Waters signalait ausis des problèmes d'approvisionnement en eau dans certaines parties du sud du pays. 
Pès de 200 vols ont été annulés dans les deux principaux aéroports du pays, Shannon et la capitale, Dublin. Ils rouvriront dès ce mardi.
Au moins 5 000 « points de dégâts » ont été relevés dans toute l'Irlande, a déclaré Sean Hogan, et des centaines de routes ont été bloquées par des chutes d'arbres.
Des photos publiées sur les réseaux sociaux montrent des toits emportés ou déformés par les vents, notamment dans le stade de football de la ville de Cork.
La position d'Ophelia (en haut à droite) cette nuit.
La position d'Ophelia (en haut à droite) cette nuit. | NOAA

Ecoles, hôpitaux et transports publics fermés

Fermées lundi tout comme les transports publics et les hôpitaux, les écoles resteront closes mardi.
La plupart des habitants ont suivi les recommandations du Premier ministre, Leo Varadkar, qui a invité les Irlandais à rester chez eux. La plupart des villes étaient désertes lundi.
Les médias britanniques comparent Ophelia à « la Grande Tempête » d'octobre 1987, qui, voici trente ans jour pour jour, avait soumis certaines parties du Royaume-Uni à des vents de la puissance d'un ouragan.
Le ciel jaune au-dessus de la ville de Rennes, lundi après-midi. | AFP / Marie Dufay

Des particules de sable dans son sillage

Le ciel jaune au-dessus de la ville de Rennes, lundi après-midi.Le gouvernement irlandais a déclaré craindre qu'Ophelia ne soit la plus pire tempête dans la région depuis l'ouragan Debbie, qui avait fait 11 morts en Irlande en 1961.
Ophelia a été le sixième ouragan majeur de la saison dans l'Atlantique.
La tempête a charrié dans son sillage des particules de sable du Sahara et de la fumée des incendies qui sévissent au Portugal, donnant dans la journée une teinte jaune au ciel de l'Ouest de la France, puis du sud de l'Angleterre, et de Londres notamment.

Belle Angèle. Le skipper aurait été heurté par la barre


La Belle Angèle aura du mal à résister à la violence des flots. (Photo DR)
La Belle Angèle aura du mal à résister à la violence des flots. (Photo DR)

Selon le témoignage de l'une des personnes secourues lors du naufrage de La Belle Angèle, ce mardi, à l'entrée de l'Aber-Wrac'h, le skipper - décédé - du voilier aurait été heurté par la barre.

Concernant le naufrage, ce mardi matin, du voilier La Belle Angèle à l'entrée de l'Aber-Wrac'h (Landéda), dont le skipper a trouvé la mort, il semblerait, d'après le témoignage d'une des personnes secourues, que lors de la manœuvre effectuée pour faire demi-tour, la forte houle de 6 à 8 m a amené le bateau à talonner sur une roche. Alors que le skipper tenait fermement la barre, elle se serait cassée et l'aurait heurté, provoquant un déséquilibre complété par l'arrivée soudaine d'une masse d'eau qui l'aurait éjecté du pont.
Par ailleurs, l'équipage du Dragon 29 a tenu à féliciter les deux sauveteurs intervenus sur le voilier pour la qualité de leur travail, qui a permis un déroulement optimum des manœuvres d'hélitreuillage et de traiter à temps l'un des marins en état d'hypothermie avancée.
Président de La Belle Angèle, association de Pont-Aven propriétaire du bateau, Maurice Le Rest a pu échanger, mardi soir, avec les quatre bénévoles présents à bord au moment de l’accident. "Ils n’ont été que légèrement blessés mais ils sont très choqués", a-t-il confié. "Quant au bateau, on ne s’en est pas trop occupés pour le moment, priorité ayant été donnée à la famille du skipper, mais on le considère de toute façon comme condamné", a ajouté le bénévole qui projetait de faire un point ce jeudi avec les assurances et les affaires maritimes.


Marseille : un rorqual de 10 mètres dans le Vieux-Port



Quelle surprise, en fin de matinée. Un rorqual de 10 mètres (ou peut-être une baleine) s'est retrouvé coincé à l'entrée du vieux port de Marseille, du côté du Pharo. "Vers 13H00, une baleine ou un rorqual a tourné à droite en entrant dans le Vieux-Port et y est resté coincé" a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, "c'est une première, de mémoire de policier marseillais" a-t-il ajouté.
La vidéo de la capitainerie du port de Marseille :
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Bloqué pour une raison inconnue, les plongeurs du bataillon des marins-pompiers se sont jetés à l'eau pour secourir le cétacé. A main nue, les plongeurs ont poussé le mammifère "en direction de la sortie" pour le dégager. En surface, les marins-pompiers et la police nationale sont également intervenus pour libérer de la place pour permettre au rorqual d'avoir suffisamment d'espace pour se retourner et s'échapper. Sur la berge, un périmètre de sécurité a été mis en place mais les badauds ont quand même pu assister à cet évènement insolite.

Une baleine coincée dans le Vieux-Port de Marseille
Les marins-pompiers ont filmé leur drôle d'intervention de la journée : aider une baleine d'une dizaine de mètres à sortir du Vieux-Port de Marseille. - BMPM
Finalement, peu après 14 heures, le cétacé a réussi à se débloquer et regagner le large. Dans les eaux du littoral marseillais, il est fréquent de rencontrer des cétacés comme des dauphins, des baleines ou encore le rorqual commun.




Une baleine coincée dans le Vieux-Port de Marseille

Jack London, Arriver à bon port ou sombrer en essayant de Koza


Un simple voyage pour se positionner en dehors d’un monde qu’il ne comprenait plus. Au début des années 1900 London était persuadé d’une révolution sociale dans le monde, portée par les opprimés de tous bords. Si les théories socialistes se sont étayées depuis la fin du dix-neuvième siècle, autour d’hommes et de femmes avides de liberté et de justice sociale, la société, elle, s’est ankylosée dans ses contradictions emportant avec elle des nuées de laissés-pour-compte. Koza nous livre un moment de vie de Jack London, auteur de récits pour endormir les enfants mais aussi de textes plus acerbes sur une société qui se perd…
En 1906 Jack London décide avec sa femme Charmian, de se couper un peu du monde et de partir naviguer dans les eaux du Pacifique, puis au-delà, pour un périple autour du monde estimé à sept ans. Il jouit alors d’un énorme succès dû à trois publications qui l’ont fait entrer dans le cercle fermé des auteurs à suivre : L’appel de la forêt (1903), Le Loup des mers (1904) et Croc blanc (1906).

Pour cette occasion il fait construire un voilier de 17 mètres de long qu’il baptise Snark, rendant au passage hommage à Lewis Carroll et sa « Chasse au Snark » publiée en 1876. Le voyage ambitieux de traversée des mers s’achèvera pourtant bien plus tôt que prévu, deux ans pour être précis, sur les terres australiennes où l’auteur se fera opérer de deux fistules. De ce périple de quelques mois qui le verra accoster à Oahu (une des îles d’Hawaï), aux Marquises, à Tahiti, à Bora Bora, aux Samoa, aux Salomon et en Australie, London donne un récit circonstancié dans La Croisière du Snark paru en 1911. Charmian, quant à elle complètera ce récit avec la publication d’un journal de bord retraçant ses propres impressions, publié en français chez Arthaud en 2015.

Maximilien Le Roy et Native, qui forment Koza, livrent avec Jack London, Arriver à bon port ou sombrer en essayant, une vision de ce voyage qui aura une importance réelle dans la carrière de l’auteur qui publiera notamment, à cette suite, Martin Eden, une biographie à peine masquée de sa propre vie, de son amour pour Mabel Appelgarth, une jeune femme issue de la bourgeoisie (Ruth dans le roman), et de la difficulté pour lui à briser les « castes » sociales. London, les auteurs le soulignent dans une brève préface, n’était pourtant pas que l’auteur de récits d’aventures qui ont alimentés les rêves de nombre de jeunes lecteurs aux fils des ans. Il s’est, en raison de ses origines et de la vision du monde dans lequel il évoluait, très tôt rapproché des idées socialistes, en lisant Marx et bien d’autres. Il a publié en parallèle de sa littérature plus « convenable » des textes qui, dans une Amérique très peu ouverte aux questions sociales, ne pouvaient pas échouer entre toutes les mains. Le Peuple de l’Abîme (1903) en est un au même titre que ses romans dystopiques, Le talon de fer (1908) et La peste écarlate (1912) ou encore que la charge contre les conditions des détenus dans les prisons américaines qu’il met en avant dans Le Vagabond des étoiles (1915). Maximilien Le Roy et Native savent très bien cela, et si le respect pour l’auteur est appuyé, l’album qu’ils livrent ne se perd jamais dans un panégyrique stérile.

Simple récit d’un voyage, de rencontres parfois improbables, de tensions entre marins, de traces ténues d’une œuvre en germination et de l’observation simple des beautés du monde, comme ces poissons volants aperçus au large d’Hawaï, Jack London, Arriver à bon port ou sombrer en essayant, capte une partie de la nature de l’auteur californien, dans ses plaidoyers sociaux, dans son désir de s’approcher des miséreux ou des lépreux pour donner une autre vision du monde, pas aussi lisse que celle visible depuis la tour d’ivoire de quelques notables empouponnés dans leurs privilèges. Maximilien Le Roy et Native le font en proposant en alternance au récit du voyage celui de souvenirs présentés sous forme de flashbacks du jeune London dans sa découverte de la doctrine socialiste. Sans occulter certaines contradictions de l’auteur, notamment ses touches racistes écrites contre les indiens, les noirs ou les coréens, ils donnent à voir un homme fort dont la carapace peut aussi se fissurer. Un homme acquis à une cause qui aurait pu le perdre dans une Amérique aveugle au sort des plus pauvres qui composaient pourtant un des rouages de cette société devenue amorale et aliénante qu’il prenait le temps d’étudier, en s’y imprégnant corps et âme…
Koza – Jack London, Arriver à bon port ou sombrer en essayant – Le Lombard

Faut-il craindre une dépression tropicale sur l’Ouest en fin de semaine ?


Ophelia a gratifié l’Ouest de la France d’un ciel jaune exceptionnel et de brises raisonnables, ce lundi. La dépression tropicale qui s’annonce sur nos côtes, en fin de semaine, à l’orée des vacances de la Toussaint, devrait présenter un plafond gris plus classique – mais des vents plus violents.
Encore ? Oui, encore. L’année 2017 – qui n’est pas terminée - aura de toute façon été placée sous le signe des phénomènes météo exceptionnels, que ce soit pour leur intensité, leur durée et leurs conséquences. L’Atlantique, des tropiques à nos latitudes nord, a été balayé par des ouragans en chapelet, des tempêtes en rafales, des dépressions en cascade.
Ophelia à peine disparue au large de la Suède, emportant avec elle sa spectaculaire traîne de ciel jaune, une autre dépression tropicale commence à poindre sur les radars météo.
Les isobares de pression prévus par pour vendredi et samedi. On y voit une dépression très marquée, très creuse (minimum de 974 hPa).
Les isobares de pression prévus par pour vendredi et samedi. On y voit une dépression très marquée, très creuse (minimum de 974 hPa). | Météo Consult

Des rafales à plus de 100 km/h

Précédée par une première perturbation qui passera jeudi sur l'Ouest, cette dépression tropicale devrait classiquement s’habiller de gris et de pluie, mais balancer sur l’Irlande, la Bretagne et la Manche des rafales que certaines prévisions estiment à 60 nœuds. Soit plus d’une centaine de kilomètres/heure. Pas la meilleure façon de commencer les vacances de la Toussaint.
Ce système météo, pour l’instant sobrement baptisé « Invest 92L » (1) - il recevrait le nom de « Philippe » au cas où il deviendrait assez puissant -, est actuellement situé à l’est des Bahamas. Il devrait s’élancer vers l’est-nord-est dans les prochaines heures et gagner le proche Atlantique en fin de semaine.
Les vents prévus pour vendredi et samedi. Notez les barbules à 60 nœuds de vent pour vendredi soir (à gauche, un triangle + un trait)).
Les vents prévus pour vendredi et samedi. Notez les barbules à 60 nœuds de vent pour vendredi soir (à gauche, un triangle + un trait)). | Météo Consult

Un phénomène à surveiller

Les modèles européens de prévision à moyen terme suggèrent que ce phénomène pourrait aborder nos côtes entre vendredi et samedi sous la forme d’une violente tempête.
Les services météo américains de la NOAA le confirment, marquant le phénomène d’une mention « DVLPG HURCN FORCE » (voir carte ci-dessous) que l’on peut traduire par : phénomène se développant en ouragan.
La carte de prévision de l'administration américaine pour le vendredi 20 octobre. Notez le
La carte de prévision de l'administration américaine pour le vendredi 20 octobre. Notez le "DVLPG HURCN FORCE", que l'on peut traduire par : "phénomène se développant en ouragan". | NOAA
Et les Anglais du centre météo de Bracknell (carte en pied d'article) voient la dépression encore plus creuse (972 hPa), donc plus puissante, que les Américains.
S’il est évidemment trop tôt pour affirmer dès aujourd’hui le devenir destructeur de cette dépression tropicale, celle-ci mérite en tout cas une surveillance attentive dans les jours qui viennent.
La carte de prévision des Anglais pour le samedi 21 octobre à 14 h locales : un minimum à 972 hPa, c'est très creux !
La carte de prévision des Anglais pour le samedi 21 octobre à 14 h locales : un minimum à 972 hPa, c'est très creux ! | Bracknell
 (1) Certains phénomènes météo sont baptisés « Invest » par le Centre national des ouragans (National Hurricane Center, NHC). Cette abréviation du mot anglais « investigation » (enquête) caractérise un système que le NHC surveille de près, celui-ci pouvant évoluer en dépression tropicale, tempête tropicale ou ouragan.
Le chiffre qui suit sert à numéroter le système. Et la lettre « L » indique qu’il s’agit d’un phénomène en Atlantique (la lettre E indiquerait qu’il concerne le Pacifique Est).
La position d'Invest 92L en ce début de semaine et sa montée prévue vers le nord.
La position d'Invest 92L en ce début de semaine et sa montée prévue vers le nord. | weather.com

TEMOIGNAGE. Après le naufrage de la Belle Angèle, un sauveteur raconte


Le corps d’un homme d’une quarantaine d’années a été repêché ce mardi matin au large de l’Aber Wrac'h (Finistère). Les sauveteurs de la SNSM ont pu secourir six autres personnes qui se trouvaient à bord du voilier La Belle Angèle. L’un d’eux raconte.
Le vieux gréement La Belle Angèle s’est échoué sur l’île de la Croix, ce mardi. Six personnes - quatre membres de l’association et deux marins professionnels - ont été secourues. Mais un marin, le skipper du bateau, 42 ans, était porté disparu. Son corps a finalement été retrouvé dans la journée.
Laurent Le Goff de la SNSM raconte l’opération sauvetage.
« La Belle Angèle avait quitté le port de l’Aber Wrac’h vers 5 h du matin, ce mardi, pour regagner Concarneau. C’est pour cela qu’ils étaient partis à marée descendante. Quand ils sont arrivés au large de l’île de la Croix, ils ont demandé par VHF la météo au Cross Corsen. Là, l’opérateur leur a annoncé des vagues de six à huit mètres à l’extérieur.
Le commandant du vieux gréement décide alors de rentrer. Ils font demi-tour et c’est durant cette manœuvre, dans l’espace le plus étroit du chenal, qu’ils touchent. Les vagues poussent le navire au sommet des roches et il se retrouve immobilisé. Ils ne pouvaient plus rien faire. C’est à ce moment que le patron est jeté à la mer par une déferlante.

Six personnes à évacuer

Nous, on nous appelle vers 6 h du matin. Nous embarquons sur notre canot tout temps, avec Louis Le Gall comme patron. Nous sommes sept bénévoles de la SNSM à bord, dont deux nageurs de surface. En arrivant à proximité des lieux, nous nous rendons compte qu’il faudra monter sur la Belle Angèle. On utilise notre canot pneumatique pour approcher du navire. C’est sportif ! Ce sont des vagues de deux à trois mètres qui nous reçoivent…
Une fois à bord du voilier, nous prenons en charge les six personnes embarquées. Mais elles nous disent qu’il y a un homme à la mer et qu’il s’agirait du patron du bateau. On donne le renseignement au Cross en indiquant qu’il faudra un second hélico : il va vraiment y avoir du boulot. Il y a six personnes à évacuer, donc quatre rotations pour les descendre à terre.
Dragon 29 doit faire trois rotations pour les victimes et une dernière pour nous, sauveteurs de la SNSM. Puis l’hélicoptère Caïman de la Marine nationale arrive pour rechercher le marin disparu. Son corps sera retrouvé plus tard au large de la Petite Fourche, au Nord de l’île Guenioc. »

Aber Wrac'h. La Belle Angèle : le Skipper périt en mer - Landéda



Le skipper de La Belle Angèle, affrétée par Etoile Marine Croisières, est décédé à la suite du talonnage du vieux gréement à l'Aber Wrac'h mardi matin. Le bateau était parti de Saint-Malo, dimanche matin, pour rejoindre Concarneau avec sept personnes à son bord.

Triste dénouement, ce mardi matin , à l’Aber Wrac’h : le corps du skipper de La Belle Angèle, porté disparu depuis l’aube, a été repêché, en fin de matinée, au sud-ouest de la balise de la Petite Fouche. Capitaine du navire malouin Le Renard Anthony Meignan, âgé de 42 ans, était salarié de l’entreprise Bretagne Marine Croisières, qui affrète le bateau chaque saison.
"Il était très expérimenté. On pouvait lui faire une grande confiance. C’était un passionné de vieux gréements", souligne Wilfrid Provost, qui a repris l’entreprise fin 2015, une société gérée auparavant par Bob Escoffier. Le chef d’entreprise vannetais se dit "très affecté par ce drame".
Une escale pour se protéger des vents forts
La Belle Angèle, chasse-marée de Pont-Aven construit en 1992 et propriété de l’association éponyme, avait quitté Saint-Malo, dimanche, vers 2 h, pour rejoindre Concarneau, avec à son bord sept personnes - trois professionnels et quatre membres de l’association. Sur les quais de la Cité corsaire, l’équipage avait été salué une dernière fois par Bob Escoffier.
Mais rapidement, le skipper avait décidé de faire escale à l’Aber Wrac’h pour se protéger des fortes rafales de vent. Tôt ce mardi matin, décision avait été prise de poursuivre le trajet car le vent avait molli. Toutefois, la mer était toujours formée, avec des vagues de 6 à 8 m. Le commandant a alors décidé de faire demi-tour. C’est pendant la manœuvre que la Belle-Angèle a talonné, le skipper tombant à l’eau.
À 5 h 50, le Cross Corsen intercepte le message de détresse. Un important dispositif est alors mis en place : le canot tous temps Président Joseph-Oulhen et la vedette André-Tréguer, 21 sapeurs-pompiers de Lannilis, Plouguerneau, Plabennec, Lesneven, Saint-Renan et Brest, l’hélicoptère Dragon 29 puis le Caïman, le Samu de Brest, les gendarmes de la communauté de brigades de Plabennec-Lannilis ainsi que les gendarmes maritimes.
Six rescapés en état d’hypothermie
Dans la matinée, six personnes - quatre passagers et deux membres d’équipage - ont pu être récupérées sur l’île de La Croix. Trois d’entre elles ont été évacuées vers l’Hôpital des armées, à Brest, les trois autres vers celui de la Cavale Blanche, tous en état d’hypothermie. Ce mardi soir, les quatre bénévoles, tous expérimentés, avaient pu regagner leur domicile de Pont-Aven.
Laurent Le Goff, l’un des sauveteurs plongeurs, témoigne des conditions difficiles de ce sauvetage : "Quand nous avons quitté le canot tout temps à bord de son semi-rigide, la houle nous a fait basculer et nous avons rejoint le bateau à la nage". Dragon29 fera ensuite trois rotations pour évacuer les victimes.
250 litres de gazole à bord
Le sauvetage terminé, des membres du Centre d’expertises pratiques de lutte antipollution (Ceppol) et des moyens d’intervention de la base navale de Brest ont été dépêchés sur place pour évaluer la situation. "Quelque 250 litres de gazole sont à bord mais les conditions météo actuelles empêchent une intervention immédiate du service antipollution. La préfecture maritime va informer les navigateurs de ce danger", précisait sur place, ce mardi après-midi, le capitaine de frégate Riaz Akhoune, porte-parole de la préfecture maritime.
De son côté, Christine Chevalier, maire de Landéda, va prendre un arrêté municipal pour interdire une zone littorale proche de l’épave sur les dunes de Sainte-Marguerite, pour des raisons de sécurité. Ce mardi soir, très ému après la disparition du skipper, Maurice Le Rest, président de l’association se disait inquiet pour le bateau au regard des prévisions météo.


Ouragan Ophelia : pourquoi la Bretagne s'est réveillée sous un ciel d'apocalypse


Scènes apocalyptiques en Bretagne et Loire-Atlantique, où le ciel s’est paré de feu depuis ce week-end, accompagné d’une forte odeur de feu. En cause : le passage remarqué de l’ouragan Ophélia au large des côtes bretonnes.
Ophélia frappe aujourd’hui l’Irlande et l’Ecosse, tourbillonnant avec des vents qui soufflent encore à plus de 150 km/h. Dans son sillage, du sable venu du Sahara arraché par le vent flotte dans l’air, tout comme des odeurs d’incendie en provenance du Portugal où les feux sont en train de sévir. Voici pourquoi la Bretagne et la Loire-Atlantique se sont réveillées ce matin sous un ciel couleur dorée, tapissé d’une odeur de brûlé. Sur Internet, les témoignages se multiplient :
« Vous êtes très nombreux à vous inquiéter sur les conditions atypiques de la matinée (…) Il s’agit des particules de sables qui sont en suspension dans l’air Breton depuis maintenant samedi« , rassure sur son site web Météo Bretagne, qui se base sur 70 stations météo de la région. « Concernant l’odeur de feu, pas de panique là non plus. De violents incendies ravagent malheureusement le Portugal et la partie ouest de l’Espagne. Ces incendies se sont déclarés ce week-end et sont particulièrement importants », précise la chaîne météo.
Ophélia remonte actuellement vers l’Irlande. Les services météorologiques ont notamment placé huit comtés de l’ouest et du sud du pays en « alerte rouge » à partir de ce lundi matin, en raison de prévisions faisant état de rafales de vent dépassant les 130 km/h et d’un risque d’inondations et de « dégâts structurels« . Le ministère irlandais de l’Education a par ailleurs ordonné dans un communiqué que « toutes les écoles, collèges et autres établissements d’enseignement restent fermés lundi« . Les transports scolaires ont également été annulés. Les autres zones du pays, dont la capitale Dublin, sont en « alerte jaune » ou « orange », avec de fortes pluies attendues.
Source

Ophelia : la tempête tropicale a causé la mort de trois personnes en Irlande


L'Irlande a ordonné la fermeture de toutes les écoles lundi en prévision de l'arrivée de l'ouragan Ophelia, le plus important jamais enregistré aussi loin à l'est dans l'océan Atlantique.
L'ouragan Ophelia s'est transformé en tempête «post-tropicale» mais reste «puissant» lundi, à l'approche de l'Irlande et du Royaume-Uni, selon les dernières prévisions du Centre américain des ouragans (NHC). Ces deux pays pourraient subir «un impact direct provoqué par le vent et la forte pluie, mais aussi par des conditions maritimes dangereuses», a précisé le NHC, basé à Miami (Floride).
Alors que la tempête balaie les côtes sud du pays, l'Irlande doit faire face à ses premières pertes humaines. Lundi, une femme d'une cinquantaine d'années est morte à cause de la chute d'un arbre sur sa voiture. Selon RTE, la chaîne publique irlandaise, la conductrice était seule le véhicule et est décédée sur le coup. L'accident a eu lieu dans le comté de Waterford. Une septuagénaire a également été blessée dans le village d'Aglish, près du lieu de l'accident.
Les autorités ont également annoncé qu'un homme était également mort par la chute d'un arbre. Un autre homme d'une trentaine d'années, a succombé aux blessures provoquées par la tronçonneuse qu'il utilisait pour dégager un arbre couché par la tempête, dans la ville de Cahir (sud).


En Irlande, les services météorologiques ont placé huit comtés de l'ouest et du sud du pays en «alerte rouge» à partir de lundi matin, en raison de prévisions faisant état de rafales de vent dépassant les 130 km/h et d'un risque d'inondations et de «dégâts structurels». Le ministère irlandais de l'Éducation a ordonné dans un communiqué que «toutes les écoles, collèges et autres établissements d'enseignement restent fermés lundi». Les transports scolaires ont été annulés.

«Tempête sans précédent»

Un surfeur sur l'Atlantique, à l'approche de l'ouragan Ophelia, le 15 octobre 2017 à Lahinch, dans le comté de Claire en Irlande.La décision a été prise après des discussions avec la cellule d'urgence du gouvernement et le service météorologique irlandais sur «cette tempête sans précédent», a précisé le ministère de l'Éducation. Les transports risquent d'être perturbés et l'aéroport de Cork (sud-ouest) a prévenu que des annulations étaient possibles. Les autres zones du pays, dont la capitale Dublin, sont en «alerte jaune» ou «orange», avec de fortes pluies attendues.
Un surfeur sur l'Atlantique, à l'approche de l'ouragan Ophelia, le 15 octobre 2017 à Lahinch, dans le comté de Claire en Irlande. CLODAGH KILCOYNE/REUTERS
Le National Emergency Coordination Group, qui réunit plusieurs départements gouvernementaux, a émis une série de recommandations à l'attention du public à l'issue d'une réunion dimanche. Alors que des coupures de courant sont considérées comme «probables», il conseille notamment d'éviter les zones côtières lundi, ainsi que tout déplacement non nécessaire, «les vents très forts» rendant les routes «dangereuses».
Ophelia a atteint samedi la catégorie 3, montant d'un cran sur une échelle allant jusqu'à 5, avant de passer au large de l'archipel portugais des Açores dans la nuit. Sept des neuf îles de l'archipel avaient été placées en «alerte rouge», mais l'ouragan n'a pas provoqué de dégâts importants sur ces îles.
Selon un bilan fourni dimanche par la protection civile régionale, quatre arbres ont été arrachés sur l'île de Sao Miguel et les pompiers sont intervenus à six reprises à travers l'archipel en raison de petites inondations ou de glissements de terrain.
Plusieurs vols reliant les îles entre elles ou au territoire continental portugais ont été annulés, affectant environ 800 passagers. Pour les experts de ces phénomènes météorologiques, Ophelia restera dans les annales comme le plus important ouragan ayant jamais été enregistré aussi à l'est au-dessus de l'océan Atlantique, et le premier depuis 1939 à s'avancer autant vers le nord.
Au Royaume-Uni, vers lequel Ophelia se dirigera ensuite, les services météorologiques ont placé l'Irlande du Nord en «alerte orange» lundi entre 15h00 et 22h00 heure locale, l'avant-dernier niveau, pouvant nécessiter pour la population de se protéger contre les conséquences «potentiellement mortelles» des conditions météorologiques prévues.
Le Met Office anticipe des rafales jusqu'à 120 km/h, voire 130 km/h dans le Sud-Est, susceptibles d'affecter les transports et d'entraîner des coupures de courant, perturbant la couverture de téléphonie mobile. Ils ont également mis en garde contre les débris emportés par le vent et les hautes vagues dans les zones côtières.
D'autres zones du Royaume-Uni, notamment le Pays de Galles, l'Écosse ainsi qu'une partie de l'Angleterre, sont en «alerte jaune» pour lundi et mardi. C'est le niveau d'alerte le moins élevé. Le passage d'Ophelia interviendra 30 ans après «la Grande Tempête» d'octobre 1987, qui avait fait 18 morts et déraciné des centaines de milliers d'arbres au Royaume-Uni et dont les autorités avaient minimisé la force.

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